samedi 4 juillet 2020

Pascal Van Hollemeersch : “l’important est ce que nous avons mis en place au regard de ce label bronze pour la biodiversité”

A bientôt 55 ans, Pascal van Hollemeersch, a déjà plus de 30 ans d’expérience de greenkeeper. Plus exactement d’intendant de parcours de golf, depuis que M. Toubon est passé par là comme il le souligne. Après des études agricoles, Pascal a suivi une formation spécifique de greenkeeping à Neuvic, la première école à former à ce métier. Passé par différents golfs de la région parisienne, il est aujourd’hui le responsable du 27 trous du golf de Caen la mer qui s’est vu décerner le label bronze “golf pour la biodiversité” de la FFGolf à l’automne 2019. Une interview au cœur des réflexions que mène le golf sur l’environnement, un sujet tout sauf nouveau pour les professionnels.

Bonjour Pascal, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Pascal Van Hollemeersch - Golf de Caen la mer
Pascal Van Hollemeersch – Intendant de terrain

En sortant de l’école, j’ai effectué mon service sur le golf militaire de Villacoublay. J’ai ensuite fait une saison au Golf de St-Aubin puis la suivante au Golf de St Cloud avant de rejoindre le golf de Fourqueux pendant 11 ans. Après j’ai rejoint le golf de L’Isle Adam pendant 16 ans. En 2014, avec ma famille, nous avons fait le choix personnel d’une autre qualité de vie en quittant la région parisienne. J’ai alors pris en charge les parcours des golfs de Caen et d’Houlgate qui étaient sous étiquette Bluegreen.
En mars 2019, Bluegreen a perdu la DSP. Je gère donc désormais le golf de “Caen la mer”, son nouveau nom, ainsi que de la partie technique du golf de Louvigny puisqu’ils appartiennent aux mêmes propriétaires : Christophe Durier et Maxime Morel.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Pour les espaces verts et pour être dehors bien entendu. C’est au travers de ma formation agricole générale au Lycée de Neuvic que j’ai découvert le golf. Ce métier me paraissait plus qualitatif, plus technique, plus pointu que les “espaces verts” au sens large.

Quelle est la taille de votre équipe au golf de Caen la mer ?

Il y a 6 personnes à plein temps dédiées à l’entretien du parcours plus Sacha, l’homme multi-casquettes de notre club : starter, commissaire, practice-man… Il est la courroie de transmission entre la partie purement technique du terrain et la partie purement golfique de l’accueil. L’un des jardiniers a suivi une formation spécialisée et est dédié à la mécanique. Christophe, avec qui je vais échanger dans le détail sur certains sujets plus pointus, est mon adjoint.

Comment organisez-vous votre équipe ? Sont-ils spécialisés par secteurs du parcours (bunkers, greens…) ?

Non, je n’ai jamais fonctionné comme cela, pour deux raisons. 
La première est qu’on n’est pas tributaire d’une personne pour faire une tâche, ce qui devient compliqué lorsqu’elle est absente pour conserver le même niveau de qualité.
La seconde est l’intérêt au travail de chacun car il y a des tâches qui sont intéressantes, d’autres rébarbatives, certaines sont cool à faire et d’autres très exigeantes au niveau physique. J’ai donc pris le parti depuis 30 ans d’avoir un personnel aussi polyvalent que possible, tout en respectant les aptitudes des uns et des autres.

Golf de Caen la mer – © PASCAL VAN HOLLEMEERSCH

Les greens représentent combien de temps en proportion dans votre quotidien ?

Je dirais 35 à 40%… Ici, à Caen la mer, nous avons 1,5 ha de greens (27 trous) sur un total de 100 ha. Donc près de 2% du terrain représente plus d’un tiers du travail. Cela est dû au fait que les tâches sont beaucoup plus répétées que sur les autres zones et tout ce qui est tonte, travail mécanique, fertilisation, arrosage… est démultiplié.

L’an dernier, vous obtenez donc le label bronze de la biodiversité décerné par la FFGolf. Racontez-nous ce challenge ?

C’est le fruit de 4 ans de travail qui avait été initié lorsque le golf était encore Bluegreen. La Saur, actionnaire de Bluegreen s’est engagée dans une démarche éco-responsable depuis 9 ans, en partenariat avec la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) soucieuse de présenter des golfs respectueux de l’environnement.

Concrètement cela s’est passé comment ?

Il y a eu une phase de pré-audit par la LPO sur une quinzaine de parcours. En fonction de l’intérêt de chaque site, 2 à 3 audits complets par an ont ensuite été réalisés. Cela a permis de poser un état des lieux sur ce qui a été fait et de définir un cahier des charges sur ce qu’il serait souhaitable de mettre en oeuvre pour améliorer les actions deja menées.
Nous avons ensuite fait acte de candidature pour obtenir le label puisque cela repose sur une démarche volontaire de chaque golf. Nous avons bénéficié de l’aide technique de la LPO pour présenter le dossier à la commission environnementale de la FFGolf, sous le patronage du Museum d’Histoire Naturelle. Leurs suggestions ne sont pas toujours applicables en l’état au milieu du golf, mais c’est intéressant retravailler pour les transposer au golf.

“J’espère que cette communication permettra de toucher les non golfeurs pour améliorer l’image du golf en matière d’environnement.”

Vous pouvez nous citer quelques actions entreprises ?

On n’utilise que des produits homologués. On a réduit de manière drastique notre consommation d’eau (on va faire des travaux cet hiver pour améliorer la gestion de l’eau). On va installer des nichoirs pour améliorer les conditions de nidification de certains oiseaux car parmi ceux-ci, il y en a qui sont clairement identifiés pour résoudre de problèmes d’insectes, comme l’exemple de la mésange avec la chenille processionnaire. C’est le cas typique d’un prédateur naturel efficace qui a remplacé les traitements que l’on faisait dans le passé. 
On a également disposé des tas de bois pour les petits rongeurs. Les gens ont d’ailleurs l’impression que c’est parce qu’on n’a pas rangé le bois sur le trou n°5 alors que c’est fait dans une optique particulière. Et puis il y a des choses qui se voient moins, tels que des tas de pierres plates pour les reptiles dans des endroits où les golfeurs ne les dérangeront pas.

Green - Golf de Caen la mer
Golf de Caen la mer – © PASCAL VAN HOLLEMEERSCH

Ce label bronze, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Cela valide une partie du chemin mais ce n’est pas une fin en soi. Ce qui est important, c’est tout ce que nous avons mis en place sur le parcours au regard de ce label. On va recevoir prochainement une aide technique pour savoir comment communiquer sur les espaces naturels que nous avons laissés, sur les populations diverses qu’il peut y avoir, sur l’impact réduit du golf sur l’environnement. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent ! Cette communication est très importante et, en toute logique, nous souhaitons valoriser commercialement cette distinction pour attirer les golfeurs au golf de Caen la mer. J’espère que cette communication permettra de toucher les non golfeurs pour améliorer l’image du golf en matière d’environnement.

Pour quelle durée avez-vous ce label ?

3 ans il me semble. sachant que pendant cette période, on peut être audité pour savoir si nous respectons toujours correctement les engagements que nous avons annoncés pour différents critères. 

La prochaine étape, c’est le label argent ou or ?

Ce n’est pas un objectif, non. Déjà parce qu’on ne sait pas précisément où se place le curseur entre le label bronze et argent par exemple. On est surtout dans la logique de se dire que l’on va continuer à avancer et si quelqu’un estime que notre travail est suffisamment éco-responsable pour obtenir le label supérieur, nous serons très contents. 

Est-ce que cela coûte plus cher de respecter l’environnement ?

L’utilisation de produits, d’engrais est extrêmement coûteuse, oui. Si on peut économiser des traitements, c’est forcément une bonne chose, on ne traite pas par plaisir !
En 2019, nous avons fait 2 traitements car nous étions arrivés à un seuil de nuisibilité très élevé où l’on risquait de perdre une partie du couvert végétal. Engager le traitement, c’est donc un coût, auquel on ajoute parfois la fermeture du parcours, en raisons des restrictions légales liés à l’utilisation de ces produits. Cela peut aller jusque 48h alors autant dire que si l’on peut éviter, on préfère investir cet argent dans des actions préventives.

Travail des greens - golf de Caen la mer
Golf de Caen la mer – © PASCAL VAN HOLLEMEERSCH

Est-ce que c’est plus de travail ? 

C’est aussi plus compliqué. D’abord car il faut être plus pointu au niveau technique.
Si on n’utilise plus d’insecticides depuis une quinzaine d’années déjà, il y a encore quelques fongicides disponibles. Aujourd’hui, selon moi, le “Zéro Phyto”, c’est utopique mais tendre vers le beaucoup moins, c’est possible. 
Cela demande beaucoup de surveillance et de connaissances mais aussi beaucoup de communication pour que le golfeur soit prêt plusieurs fois dans l’année à avoir des greens un peu moins rapides parce qu’on les a laissés se reposer. Visuellement, le golfeur doit aussi s’habituer à avoir des greens un peu plus jaunes si on a réduit la fertilisation. Il peut y avoir quelques tâches de maladies si on estime que le seuil de tolérance n’est pas atteint pour déclencher une intervention chimique.
On regarde beaucoup le golf en France à travers le prisme des grosses compétitions avec des gazons parfaits mais le golf, ce n’est pas que le gigantisme de la Ryder Cup, avec des moyens humains et financiers importants.  

“il y a souvent un déficit d’informations et on prend trop souvent les golfs pour des pollueurs”

Vous évoquiez plus tôt l’impact réduit du golf sur l’environnement ?

Oui parce que l’impact des produits aujourd’hui est beaucoup moindre que celui avec les produits d’il y a 20 ou 30 ans. 
Là où on faisait 12 à 15 traitements dans les années 90, comme je le disais, j’en ai fait 2 l’an dernier pour des maladies sur les greens. On a réduit la quantité mais aussi les produits eux-mêmes sont moins impactants. Les matières actives sont beaucoup plus efficaces donc il y a beaucoup moins de “grammage“ à l’hectare qui est épandu. Avant on pouvait utiliser 25 litres à l’hectare, maintenant on reçoit des fioles de 300 ml pour 1 ha pour certains produits.
Nous sommes également dans une gestion raisonnée, c’est-à-dire traiter moins et mieux, en mettant la plante dans les meilleures conditions pour affronter les différents stress. 

Quelles évolutions avez-vous constatées sur votre métier en 30 ans ?

Depuis un certain nombre d’années, les intendants de terrain observent la nature. Que fait-elle? Comment fonctionne-t-elle ? Comment fonctionnent le sol et la plante ?
On essaie au maximum d’aider la plante à se défendre elle-même. On lui apporte ce dont elle a besoin. Ça peut être de la lumière, ce qui fait qu’on va abattre 3 ou 4 arbres derrière un green pour apporter de la lumière à un gazon qui était à l’ombre et qui souffrait. Cela peut parfois suffire à résoudre des problèmes.
On regarde aussi la qualité de l’eau car avec une eau moyenne ou médiocre, on va créer des problèmes supplémentaires.
On raisonne de plus en plus avec “je nourris mon sol qui nourrira la plante” quand auparavant on aidait directement la plante. 

Quel est l’impact du mauvais comportement du golfeur ?

Première chose, c’est que tout le temps où le jardinier va passer à remettre en état ce que le golfeur a mal fait ou a négligé, c’est du temps que l’on ne passe pas à autre chose. Sachant que notre temps est consacré à travailler pour l’environnement. Le pitch qui n’est pas bien relevé peut être le point de départ de maladies. 

C’est pour cela que vous avez créé un blog ?

Oui le blog de la maintenance de Caen permet à chacun de venir chercher et prendre ce dont il a besoin ou envie de lire. On y trouve les informations sur nos actions et travaux sur le golf, ainsi que des réflexions sur le métier (NDLR : nous vous conseillons l’article “l’intendant de terrain du 21e siècle“).
Pour la majorité, il y a souvent un déficit d’informations et on prend trop souvent les golfs pour des pollueurs. Il faut donc continuer à bien travailler et le faire savoir !

A bientôt 55 ans, Pascal van Hollemeersch, a déjà plus de 30 ans d’expérience de greenkeeper. Plus exactement d’intendant de parcours de golf, depuis que M. Toubon est passé par là comme il le souligne. Après des études agricoles, Pascal a suivi une formation spécifique de greenkeeping à Neuvic, la première école à former à ce métier. Passé par différents golfs de la région parisienne, il est aujourd’hui le responsable du 27 trous du golf de Caen la mer qui s’est vu décerner le label bronze “golf pour la biodiversité” de la FFGolf à l’automne 2019. Une interview au cœur des réflexions que mène le golf sur l’environnement, un sujet tout sauf nouveau pour les professionnels.

Bonjour Pascal, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Pascal Van Hollemeersch - Golf de Caen la mer
Pascal Van Hollemeersch – Intendant de terrain

En sortant de l’école, j’ai effectué mon service sur le golf militaire de Villacoublay. J’ai ensuite fait une saison au Golf de St-Aubin puis la suivante au Golf de St Cloud avant de rejoindre le golf de Fourqueux pendant 11 ans. Après j’ai rejoint le golf de L’Isle Adam pendant 16 ans. En 2014, avec ma famille, nous avons fait le choix personnel d’une autre qualité de vie en quittant la région parisienne. J’ai alors pris en charge les parcours des golfs de Caen et d’Houlgate qui étaient sous étiquette Bluegreen.
En mars 2019, Bluegreen a perdu la DSP. Je gère donc désormais le golf de “Caen la mer”, son nouveau nom, ainsi que de la partie technique du golf de Louvigny puisqu’ils appartiennent aux mêmes propriétaires : Christophe Durier et Maxime Morel.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

Pour les espaces verts et pour être dehors bien entendu. C’est au travers de ma formation agricole générale au Lycée de Neuvic que j’ai découvert le golf. Ce métier me paraissait plus qualitatif, plus technique, plus pointu que les “espaces verts” au sens large.

Quelle est la taille de votre équipe au golf de Caen la mer ?

Il y a 6 personnes à plein temps dédiées à l’entretien du parcours plus Sacha, l’homme multi-casquettes de notre club : starter, commissaire, practice-man… Il est la courroie de transmission entre la partie purement technique du terrain et la partie purement golfique de l’accueil. L’un des jardiniers a suivi une formation spécialisée et est dédié à la mécanique. Christophe, avec qui je vais échanger dans le détail sur certains sujets plus pointus, est mon adjoint.

Comment organisez-vous votre équipe ? Sont-ils spécialisés par secteurs du parcours (bunkers, greens…) ?

Non, je n’ai jamais fonctionné comme cela, pour deux raisons. 
La première est qu’on n’est pas tributaire d’une personne pour faire une tâche, ce qui devient compliqué lorsqu’elle est absente pour conserver le même niveau de qualité.
La seconde est l’intérêt au travail de chacun car il y a des tâches qui sont intéressantes, d’autres rébarbatives, certaines sont cool à faire et d’autres très exigeantes au niveau physique. J’ai donc pris le parti depuis 30 ans d’avoir un personnel aussi polyvalent que possible, tout en respectant les aptitudes des uns et des autres.

Golf de Caen la mer – © PASCAL VAN HOLLEMEERSCH

Les greens représentent combien de temps en proportion dans votre quotidien ?

Je dirais 35 à 40%… Ici, à Caen la mer, nous avons 1,5 ha de greens (27 trous) sur un total de 100 ha. Donc près de 2% du terrain représente plus d’un tiers du travail. Cela est dû au fait que les tâches sont beaucoup plus répétées que sur les autres zones et tout ce qui est tonte, travail mécanique, fertilisation, arrosage… est démultiplié.

L’an dernier, vous obtenez donc le label bronze de la biodiversité décerné par la FFGolf. Racontez-nous ce challenge ?

C’est le fruit de 4 ans de travail qui avait été initié lorsque le golf était encore Bluegreen. La Saur, actionnaire de Bluegreen s’est engagée dans une démarche éco-responsable depuis 9 ans, en partenariat avec la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) soucieuse de présenter des golfs respectueux de l’environnement.

Concrètement cela s’est passé comment ?

Il y a eu une phase de pré-audit par la LPO sur une quinzaine de parcours. En fonction de l’intérêt de chaque site, 2 à 3 audits complets par an ont ensuite été réalisés. Cela a permis de poser un état des lieux sur ce qui a été fait et de définir un cahier des charges sur ce qu’il serait souhaitable de mettre en oeuvre pour améliorer les actions deja menées.
Nous avons ensuite fait acte de candidature pour obtenir le label puisque cela repose sur une démarche volontaire de chaque golf. Nous avons bénéficié de l’aide technique de la LPO pour présenter le dossier à la commission environnementale de la FFGolf, sous le patronage du Museum d’Histoire Naturelle. Leurs suggestions ne sont pas toujours applicables en l’état au milieu du golf, mais c’est intéressant retravailler pour les transposer au golf.

“J’espère que cette communication permettra de toucher les non golfeurs pour améliorer l’image du golf en matière d’environnement.”

Vous pouvez nous citer quelques actions entreprises ?

On n’utilise que des produits homologués. On a réduit de manière drastique notre consommation d’eau (on va faire des travaux cet hiver pour améliorer la gestion de l’eau). On va installer des nichoirs pour améliorer les conditions de nidification de certains oiseaux car parmi ceux-ci, il y en a qui sont clairement identifiés pour résoudre de problèmes d’insectes, comme l’exemple de la mésange avec la chenille processionnaire. C’est le cas typique d’un prédateur naturel efficace qui a remplacé les traitements que l’on faisait dans le passé. 
On a également disposé des tas de bois pour les petits rongeurs. Les gens ont d’ailleurs l’impression que c’est parce qu’on n’a pas rangé le bois sur le trou n°5 alors que c’est fait dans une optique particulière. Et puis il y a des choses qui se voient moins, tels que des tas de pierres plates pour les reptiles dans des endroits où les golfeurs ne les dérangeront pas.

Green - Golf de Caen la mer
Golf de Caen la mer – © PASCAL VAN HOLLEMEERSCH

Ce label bronze, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Cela valide une partie du chemin mais ce n’est pas une fin en soi. Ce qui est important, c’est tout ce que nous avons mis en place sur le parcours au regard de ce label. On va recevoir prochainement une aide technique pour savoir comment communiquer sur les espaces naturels que nous avons laissés, sur les populations diverses qu’il peut y avoir, sur l’impact réduit du golf sur l’environnement. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent ! Cette communication est très importante et, en toute logique, nous souhaitons valoriser commercialement cette distinction pour attirer les golfeurs au golf de Caen la mer. J’espère que cette communication permettra de toucher les non golfeurs pour améliorer l’image du golf en matière d’environnement.

Pour quelle durée avez-vous ce label ?

3 ans il me semble. sachant que pendant cette période, on peut être audité pour savoir si nous respectons toujours correctement les engagements que nous avons annoncés pour différents critères. 

La prochaine étape, c’est le label argent ou or ?

Ce n’est pas un objectif, non. Déjà parce qu’on ne sait pas précisément où se place le curseur entre le label bronze et argent par exemple. On est surtout dans la logique de se dire que l’on va continuer à avancer et si quelqu’un estime que notre travail est suffisamment éco-responsable pour obtenir le label supérieur, nous serons très contents. 

Est-ce que cela coûte plus cher de respecter l’environnement ?

L’utilisation de produits, d’engrais est extrêmement coûteuse, oui. Si on peut économiser des traitements, c’est forcément une bonne chose, on ne traite pas par plaisir !
En 2019, nous avons fait 2 traitements car nous étions arrivés à un seuil de nuisibilité très élevé où l’on risquait de perdre une partie du couvert végétal. Engager le traitement, c’est donc un coût, auquel on ajoute parfois la fermeture du parcours, en raisons des restrictions légales liés à l’utilisation de ces produits. Cela peut aller jusque 48h alors autant dire que si l’on peut éviter, on préfère investir cet argent dans des actions préventives.

Travail des greens - golf de Caen la mer
Golf de Caen la mer – © PASCAL VAN HOLLEMEERSCH

Est-ce que c’est plus de travail ? 

C’est aussi plus compliqué. D’abord car il faut être plus pointu au niveau technique.
Si on n’utilise plus d’insecticides depuis une quinzaine d’années déjà, il y a encore quelques fongicides disponibles. Aujourd’hui, selon moi, le “Zéro Phyto”, c’est utopique mais tendre vers le beaucoup moins, c’est possible. 
Cela demande beaucoup de surveillance et de connaissances mais aussi beaucoup de communication pour que le golfeur soit prêt plusieurs fois dans l’année à avoir des greens un peu moins rapides parce qu’on les a laissés se reposer. Visuellement, le golfeur doit aussi s’habituer à avoir des greens un peu plus jaunes si on a réduit la fertilisation. Il peut y avoir quelques tâches de maladies si on estime que le seuil de tolérance n’est pas atteint pour déclencher une intervention chimique.
On regarde beaucoup le golf en France à travers le prisme des grosses compétitions avec des gazons parfaits mais le golf, ce n’est pas que le gigantisme de la Ryder Cup, avec des moyens humains et financiers importants.  

“il y a souvent un déficit d’informations et on prend trop souvent les golfs pour des pollueurs”

Vous évoquiez plus tôt l’impact réduit du golf sur l’environnement ?

Oui parce que l’impact des produits aujourd’hui est beaucoup moindre que celui avec les produits d’il y a 20 ou 30 ans. 
Là où on faisait 12 à 15 traitements dans les années 90, comme je le disais, j’en ai fait 2 l’an dernier pour des maladies sur les greens. On a réduit la quantité mais aussi les produits eux-mêmes sont moins impactants. Les matières actives sont beaucoup plus efficaces donc il y a beaucoup moins de “grammage“ à l’hectare qui est épandu. Avant on pouvait utiliser 25 litres à l’hectare, maintenant on reçoit des fioles de 300 ml pour 1 ha pour certains produits.
Nous sommes également dans une gestion raisonnée, c’est-à-dire traiter moins et mieux, en mettant la plante dans les meilleures conditions pour affronter les différents stress. 

Quelles évolutions avez-vous constatées sur votre métier en 30 ans ?

Depuis un certain nombre d’années, les intendants de terrain observent la nature. Que fait-elle? Comment fonctionne-t-elle ? Comment fonctionnent le sol et la plante ?
On essaie au maximum d’aider la plante à se défendre elle-même. On lui apporte ce dont elle a besoin. Ça peut être de la lumière, ce qui fait qu’on va abattre 3 ou 4 arbres derrière un green pour apporter de la lumière à un gazon qui était à l’ombre et qui souffrait. Cela peut parfois suffire à résoudre des problèmes.
On regarde aussi la qualité de l’eau car avec une eau moyenne ou médiocre, on va créer des problèmes supplémentaires.
On raisonne de plus en plus avec “je nourris mon sol qui nourrira la plante” quand auparavant on aidait directement la plante. 

Quel est l’impact du mauvais comportement du golfeur ?

Première chose, c’est que tout le temps où le jardinier va passer à remettre en état ce que le golfeur a mal fait ou a négligé, c’est du temps que l’on ne passe pas à autre chose. Sachant que notre temps est consacré à travailler pour l’environnement. Le pitch qui n’est pas bien relevé peut être le point de départ de maladies. 

C’est pour cela que vous avez créé un blog ?

Oui le blog de la maintenance de Caen permet à chacun de venir chercher et prendre ce dont il a besoin ou envie de lire. On y trouve les informations sur nos actions et travaux sur le golf, ainsi que des réflexions sur le métier (NDLR : nous vous conseillons l’article “l’intendant de terrain du 21e siècle“).
Pour la majorité, il y a souvent un déficit d’informations et on prend trop souvent les golfs pour des pollueurs. Il faut donc continuer à bien travailler et le faire savoir !

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