Fabien Pigalle : « Avec Golf Azur, on offre un produit original »

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Entretien réalisé le 26 septembre 2019

Après seulement 18 mois d’existence, Golf Azur, le magazine Golf du groupe Nice-Matin s’est fait une jolie place dans paysage médiatique de ce sport en France. Derrière sa trentaine de pages ensoleillées et trimestrielles, il y a une équipe et surtout un nom, Fabien Pigalle, qui en a esquissé l’idée de départ avant d’être aujourd’hui la plume emblématique de Golf Azur.

Quelle est la genèse de Golf Azur ?

C’est parti d’un constat simple. Nous vivons dans une région où les clubs et athlètes de haut niveau sont représentés dans de nombreuses disciplines. Que ce soient, le football avec Monaco et Nice, le rugby avec Toulon, le basket, le volley et j’en passe. Tous ces sports populaires occupent une part importante dans Nice-Matin. Malheureusement celui-ci n’est pas extensible en terme de volume de pages et il y avait très peu de place pour y parler golf.

Fabien Pigalle – Nice-Matin

Malgré les champions issus du cru ?

C’est vrai qu’on a la chance d’avoir Dubuisson, Levy et Langasque qui ont grandi dans la région. Notre journal a toujours parlé d’eux mais derrière ces joueurs-là, il y a énormément d’espoirs, de clubs, de golfs et d’initiatives qui n’avaient que rarement voix au chapitre. J’avais envie de parler de tout ça aussi.

on a cette chance de ne se fixer aucune barrière.

Tu viens du monde du football pourtant ?

J’ai goûté au golf et j’ai été piqué par le virus de la petite balle blanche. Je suis donc allé voir mon rédac’ chef pour lui exposer mon idée. Toutes les conditions étaient réunies : on avait à la fois de la matière et du contenu, et en termes de publicité, c’est un marché de niche assez intéressant. En plus, on est dans la continuité de ce qu’on fait chez Nice Matin depuis plusieurs années avec les compétitions amateurs « Golf Cup Nice Matin » et notre 1er Pro Am Nice Matin qui a lieu ce we (28/29 septembre).

Après 18 mois et 7 numéros, quel bilan en tires-tu ?

Les retours sont très positifs, les gens ont compris la volonté et l’esprit du magazine et cela démontre qu’on peut faire des bonnes choses, sans être 40 ou 50 au départ. Au contraire même, car cela nous permet d’être hyper réactif. On nous demande parfois de passer en mensuel mais cela demande beaucoup de moyens. On souhaite aussi profiter du temps que l’on a entre chaque numéro pour faire un reportage. Le prochain sera sur le footgolf d’ailleurs, car on a cette chance de ne se fixer aucune barrière.

Avec une version papier mais aussi digitale…

Avec la Fédération Française de Golf, on arrive à envoyer le magazine en boite aux lettres aux licenciés du golf du Var (83) et des Alpes Maritimes (06). Golf Azur est même distribué gratuitement dans tous les golfs de la région. Mais si notre quotidien est avant tout régional, il possède bien sûr une résonance nationale. Des sujets sur Levy ou Langasque par exemple intéressent bien au-delà des locaux. 

Et le gratuit, la direction est toujours en phase ?

La direction est très contente du magazine, qui est globalement à l’équilibre. Il y a aussi une prise conscience car ce n’est pas nécessairement une balance mathématique qui est le juge de paix de la réussite ou pas. En terme de visibilité et d’image, c’est une reconnaissance pour Nice-Matin. Il y a un maillage assez complet en termes « d’occupation du terrain » golf.

j’ai un regret, c’est que l’Equipe n’accorde pas assez de place au golf.

Comment situerais-tu Golf Azur dans le paysage médiatique du golf en France ?

En faisant le choix de mettre l’accent sur le local, les histoires de la région, on a un positionnement assez clair qui ne marche pas sur les platebandes des médias spécialisés qui ont plus de moyens. Je pense qu’on offre un produit original. Par exemple, depuis quelques temps, on a intégré des pages Histoire avec un grand H. De lui même l’historien Jean Bernard Kazmierczak s’est proposé de contribuer en fournissant des histoires agrémentées de photos et cartes postales sur les golfs du coin. C’est une vraie fierté et une richesse incroyable d’avoir ce Monsieur au sein du magazine.

A propos de paysage médiatique, ton avis plus général sur le sujet ?

Je pense juste qu’on a le golf qu’on mérite, tout comme on a le foot qu’on mérite ou tout autre sport. Il ne faut pas se leurrer même si je comprends que le passionné de golf puisse être frustré du manque de place ou de visibilité. Quoique tu fasses, il y a des combats qu’il faut savoir ne pas mener tout le temps. Et, de mon point de vue, je pense que cela serait la même chose si on avait un champion. Après, même si Le Figaro et le JDG bossent hyper bien, j’ai un regret, c’est que l’Equipe (version papier) n’accorde pas assez de place au golf.

Pourquoi ?

Parce que c’est le journal sportif de référence et que du coup, cela ne donne que peu de légitimité à d’autres rédactions d’en parler. Lorsqu’un journaliste ailleurs propose un article sur le top5 d’un joueur au Scandinavian Masters et que le rédacteur en chef lui répond : « Tu es gentil, tu me fais un truc sur un mec qui est 5e du tournoi du week-end mais y’a rien dans l’Equipe », ça n’aide pas. S’il y avait du golf régulièrement, hors grands tournois, peut-être que ça permettrait à d’autres collègues de vendre en interne un papier sur un joueur du coin. Mais, encore une fois et, l’après Ryder Cup le confirme, on a la place qu’on mérite avec le golf en France.

D’où j’imagine ta satisfaction avec Golf Azur ?

Bien sûr mais au-delà de la confiance de ma direction, ce qui est plaisant, c’est l’accueil et la disponibilité des gens. Moi qui viens du foot où cela peut être galère pour avoir des interviews, il faut apprécier que tout le monde joue le jeu et essayer de le garder.

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