mercredi 12 août 2020

Pierre-André Uhlen : “Notre objectif est que le golf soit dans le radar des jeunes”

Interview du Directeur Général de UGOLF

Diplômé de l’Académie Internationale des Métiers du Golf (AIMG) en 1993, Pierre-André Uhlen a fait ses premiers pas sur le terrain à la direction du Golf de Nancy Pulnoy puis celle du Golf de Metz notamment. Un terrain qu’il considère ne pas avoir vraiment quitté depuis qu’il est Directeur Général du réseau UGOLF car il souhaite rester au contact régulier du personnel et des joueurs. Retour sur les actualités, les initiatives et les projets de UGOLF, 1er opérateur de golfs en Europe.

Vous revenez du PGA Show à Orlando (USA) avec un accord de partenariat avec Chris Como. Racontez-nous ?

Cette rencontre s’est faite par l’intermédiaire de Laurent Cabannes, coach de plusieurs joueurs de golf (et ex-intervenant auprès de Alex Levy – NDLR). Laurent s’intéresse beaucoup aux dernières technologies, avec une forte spécialisation dans le trackman. A l’occasion de ses déplacements réguliers aux USA, il a rencontré beaucoup de coachs américains dont Chris Como. De fil en aiguille, via Fabien Donoyan, le directeur de l’académie UGOLF, nous avons concrétisé ce partenariat pour 2020.

Comment cela va se passer concrètement ?

Il y aura 4 à 5 interventions à distance étalées sur l’année sous forme de conférence “live” où tous nos enseignants se connecteront, pour écouter et poser les questions qu’ils souhaitent.
Nous prévoyons également 2 jours de formation aux Etats-Unis pour quelques uns de nos enseignants qui sont des relais régionaux au sein de UGOLF. Ils auront ensuite pour mission d’être les porte-paroles auprès de notre centaine de pros salariés dans les clubs.

Cette initiative n’est pas totalement nouvelle chez UGOLF…

Effectivement, il y a 2 ans, nous avions déjà fait appel au coach (et père) de Justin Thomas, Mike qui est intervenu auprès de nos enseignants avec des mises en situations des joueurs “test” de différents niveaux.
Chez UGOLF, notre objectif est de continuer à former et accompagner nos pros sur toutes ces nouveautés, sur l’evolution du swing, sur la manière d’appréhender les messages et de les communiquer auprès de leurs élèves. Par exemple, en 2019, tous nos enseignants ont été certifiés niveau 1 à l’utilisation du trackman. Tous les clubs ne sont pas forcément équipés de ce radar mais nous le faisons tourner.
De la même manière, nous allons nous équiper de plaques de force pour accompagner le discours et les messages que va véhiculer Chris Como.

Plus les joueurs auront cette progression rapide, plus ils trouveront du plaisir et plus on arrivera à les fidéliser.

L’enseignement qualitatif est une composante du développement du golf ?

C’est même essentiel ! Le golf est un sport difficile quand on démarre. Nos enseignants doivent donc être, pas seulement bons mais, excellents pour rapidement faire progresser nos joueurs. On sait que c’est au cours des 2 premières années que le joueur est sur la tangente entre devenir golfeur ou arrêter. Donc plus les joueurs auront cette progression rapide, plus ils trouveront du plaisir et plus on arrivera à les fidéliser.

On a misé sur l’après Ryder Cup pour amener les français au golf. Qu’en est-il pour les golfeurs étrangers ? Sont-ils plus intéressés par venir jouer en France ?

La France reste encore une petite destination golfique mais il y a un vrai travail de fond à poursuivre avec les institutionnels. La Ryder Cup a été un événement fort qui a mis en lumière le golf français. En septembre/octobre 2018, nous avons eu un flux extrêmement important de golfeurs sur nos parcours puisque nous sommes bien implantés en region parisienne. Cela ne serait certainement jamais arrivé sans la Ryder Cup.
Maintenant l’objectif, c’est de les faire revenir ! C’est ce que nous nous attachons à faire en étant présent sur les différents salons internationaux et en profitant du fait que la France est une belle destination touristique.

Beaucoup de clubs souffrent. Est-ce que le golf en France se porte bien ?

Certes il y a une disparité sur le plan économique entre les golfs. Pour les clubs proches des villes, il y a logiquement plus de facilité par rapport aux golfs plus isolés. Si le chiffre de 1,5 milliard € lié à l’économie du golf en France est sensiblement le même depuis 10 ans, on a constaté une activité qui a progressé en terme d’emplois. Mais oui il faudrait un taux de pénétration sur le marché national plus important et créer plus de golfeurs.

Garden Golf Forêt Chantilly, signature - UGOLF
Garden Golf Forêt Chantilly, trou signature – © UGOLF

Et chez UGOLF en particulier ?

Majoritairement, les golfs que nous gérons se portent bien. Cela est dû à une vraie stratégie d’ouverture, de découverte de l’activité en mettant l’accent sur une pratique fun, facilitée et communautaire. On n’est plus membre d’un seul club, on est membre d’un réseau qui offre des rencontres et des moments de partage.
Le temps de l’entre-soi est en déclin et les gens qui viennent aujourd’hui sur nos golfs découvrent autre chose que ce qu’ils imaginaient. Avec notre réseau, je pense aussi que nous répondons aux nouvelles habitudes de consommation qui permettent de jouer sur plusieurs golfs sans surcoût.

En France, sur 1 an glissant au 4 février 2020, les derniers chiffres des licences montrent une augmentation de plus de 9% mais pour autant une légère baisse (- 2%) chez les jeunes. Peut-on attirer les jeunes avec le golf tel qu’il est aujourd’hui ?

En comparaison, chez UGOLF, nous sommes globalement en augmentation (+12/13%) et chez les jeunes compris (+3%). Notre objectif est que le golf soit dans le radar des jeunes, il faut qu’on modernise son image, il faut qu’on la digitalise. Je trouve que la FFGolf a, par exemple, entamé une démarche intéressante avec leur nouvelle application KADY (disponibilité au printemps 2020 – NDLR). Concrètement chez UGOLF, nous allons continuer de faire passer le message que le golf est ludique, amusant et fun. La plus grosse difficulté se situe en amont : celle de faire passer la barrière du golf. Une fois que nous avons réussi à les capter, je vous assure que nous avons un taux de fidélité très très bon.

Le tourisme et l’environnement sont les 2 grands sujets d’intérêt pour les prochaines années. Vous avez au sein de votre réseau le label « UGolf éco-durable ». Cette question est-elle un centre d’intérêt de vos joueurs ?

Ce label est effectivement délivré par ECOCERT. Pour répondre à votre question, oui la nouvelle clientele est très sensible à ces questions environnementales. Le golf vit encore avec cette image de “c’est consommateur d’eau, c’est polluant” mais lorsqu’on explique toutes les démarches qui sont engagées, les gens découvrent que nous sommes plutôt sur une dynamique de préservation de l’environnement.

Exclusiv Golf du Château de Cély (77) - UGOLF
Exclusiv Golf du Château de Cély (77) – © Fabrice Malard

Récemment vous avez annoncé une gestion commune du Golf d’Ormesson avec Open Golf Club. C’est une première, non ?

Il faut savoir que UGOLF est déjà associé avec un opérateur dans le loisir, Forest Hills (salles de sport, fitness, tennis…), sur le golf de Jardy. L’Agglomération de Roissy Pays de France nous a fait confiance pour la gestion du Golf de Roissy qui ouvrira en septembre 2020. Nous avons remporté ce dossier avec la PGA comme partenaire étroit. Ce n’est pas donc pas forcément une grande nouveauté qu’une association avec un autre acteur dans le même univers. À Ormesson, Open Golf Club et UGOLF ont l’objectif d’accélérer le développement du golf en mettant nos compétences respectives en commun.

Quelles sont les prochaines étapes pour UGOLF ? Plus d’International ?

L’ambition que je porte et qui est partagée par notre actionnaire, le groupe Duval, est de rentrer dans le Top10 mondial des opérateurs de golfs dans les 3 années qui viennent. Aujourd’hui nous sommes 1er européen avec 56 golfs, le seul en Europe installé sur 2 pays (France et Espagne). Ce Top10 est essentiellement composé d’opérateurs américains et de 2 asiatiques. Il nous faut encore une dizaine de golfs à conquérir sur la France, l’Espagne ou sur d’autres pays frontaliers où il y a de la croissance possible.

Diplômé de l’Académie Internationale des Métiers du Golf (AIMG) en 1993, Pierre-André Uhlen a fait ses premiers pas sur le terrain à la direction du Golf de Nancy Pulnoy puis celle du Golf de Metz notamment. Un terrain qu’il considère ne pas avoir vraiment quitté depuis qu’il est Directeur Général du réseau UGOLF car il souhaite rester au contact régulier du personnel et des joueurs. Retour sur les actualités, les initiatives et les projets de UGOLF, 1er opérateur de golfs en Europe.

Vous revenez du PGA Show à Orlando (USA) avec un accord de partenariat avec Chris Como. Racontez-nous ?

Cette rencontre s’est faite par l’intermédiaire de Laurent Cabannes, coach de plusieurs joueurs de golf (et ex-intervenant auprès de Alex Levy – NDLR). Laurent s’intéresse beaucoup aux dernières technologies, avec une forte spécialisation dans le trackman. A l’occasion de ses déplacements réguliers aux USA, il a rencontré beaucoup de coachs américains dont Chris Como. De fil en aiguille, via Fabien Donoyan, le directeur de l’académie UGOLF, nous avons concrétisé ce partenariat pour 2020.

Comment cela va se passer concrètement ?

Il y aura 4 à 5 interventions à distance étalées sur l’année sous forme de conférence “live” où tous nos enseignants se connecteront, pour écouter et poser les questions qu’ils souhaitent.
Nous prévoyons également 2 jours de formation aux Etats-Unis pour quelques uns de nos enseignants qui sont des relais régionaux au sein de UGOLF. Ils auront ensuite pour mission d’être les porte-paroles auprès de notre centaine de pros salariés dans les clubs.

Cette initiative n’est pas totalement nouvelle chez UGOLF…

Effectivement, il y a 2 ans, nous avions déjà fait appel au coach (et père) de Justin Thomas, Mike qui est intervenu auprès de nos enseignants avec des mises en situations des joueurs “test” de différents niveaux.
Chez UGOLF, notre objectif est de continuer à former et accompagner nos pros sur toutes ces nouveautés, sur l’evolution du swing, sur la manière d’appréhender les messages et de les communiquer auprès de leurs élèves. Par exemple, en 2019, tous nos enseignants ont été certifiés niveau 1 à l’utilisation du trackman. Tous les clubs ne sont pas forcément équipés de ce radar mais nous le faisons tourner.
De la même manière, nous allons nous équiper de plaques de force pour accompagner le discours et les messages que va véhiculer Chris Como.

Plus les joueurs auront cette progression rapide, plus ils trouveront du plaisir et plus on arrivera à les fidéliser.

L’enseignement qualitatif est une composante du développement du golf ?

C’est même essentiel ! Le golf est un sport difficile quand on démarre. Nos enseignants doivent donc être, pas seulement bons mais, excellents pour rapidement faire progresser nos joueurs. On sait que c’est au cours des 2 premières années que le joueur est sur la tangente entre devenir golfeur ou arrêter. Donc plus les joueurs auront cette progression rapide, plus ils trouveront du plaisir et plus on arrivera à les fidéliser.

On a misé sur l’après Ryder Cup pour amener les français au golf. Qu’en est-il pour les golfeurs étrangers ? Sont-ils plus intéressés par venir jouer en France ?

La France reste encore une petite destination golfique mais il y a un vrai travail de fond à poursuivre avec les institutionnels. La Ryder Cup a été un événement fort qui a mis en lumière le golf français. En septembre/octobre 2018, nous avons eu un flux extrêmement important de golfeurs sur nos parcours puisque nous sommes bien implantés en region parisienne. Cela ne serait certainement jamais arrivé sans la Ryder Cup.
Maintenant l’objectif, c’est de les faire revenir ! C’est ce que nous nous attachons à faire en étant présent sur les différents salons internationaux et en profitant du fait que la France est une belle destination touristique.

Beaucoup de clubs souffrent. Est-ce que le golf en France se porte bien ?

Certes il y a une disparité sur le plan économique entre les golfs. Pour les clubs proches des villes, il y a logiquement plus de facilité par rapport aux golfs plus isolés. Si le chiffre de 1,5 milliard € lié à l’économie du golf en France est sensiblement le même depuis 10 ans, on a constaté une activité qui a progressé en terme d’emplois. Mais oui il faudrait un taux de pénétration sur le marché national plus important et créer plus de golfeurs.

Garden Golf Forêt Chantilly, signature - UGOLF
Garden Golf Forêt Chantilly, trou signature – © UGOLF

Et chez UGOLF en particulier ?

Majoritairement, les golfs que nous gérons se portent bien. Cela est dû à une vraie stratégie d’ouverture, de découverte de l’activité en mettant l’accent sur une pratique fun, facilitée et communautaire. On n’est plus membre d’un seul club, on est membre d’un réseau qui offre des rencontres et des moments de partage.
Le temps de l’entre-soi est en déclin et les gens qui viennent aujourd’hui sur nos golfs découvrent autre chose que ce qu’ils imaginaient. Avec notre réseau, je pense aussi que nous répondons aux nouvelles habitudes de consommation qui permettent de jouer sur plusieurs golfs sans surcoût.

En France, sur 1 an glissant au 4 février 2020, les derniers chiffres des licences montrent une augmentation de plus de 9% mais pour autant une légère baisse (- 2%) chez les jeunes. Peut-on attirer les jeunes avec le golf tel qu’il est aujourd’hui ?

En comparaison, chez UGOLF, nous sommes globalement en augmentation (+12/13%) et chez les jeunes compris (+3%). Notre objectif est que le golf soit dans le radar des jeunes, il faut qu’on modernise son image, il faut qu’on la digitalise. Je trouve que la FFGolf a, par exemple, entamé une démarche intéressante avec leur nouvelle application KADY (disponibilité au printemps 2020 – NDLR). Concrètement chez UGOLF, nous allons continuer de faire passer le message que le golf est ludique, amusant et fun. La plus grosse difficulté se situe en amont : celle de faire passer la barrière du golf. Une fois que nous avons réussi à les capter, je vous assure que nous avons un taux de fidélité très très bon.

Le tourisme et l’environnement sont les 2 grands sujets d’intérêt pour les prochaines années. Vous avez au sein de votre réseau le label « UGolf éco-durable ». Cette question est-elle un centre d’intérêt de vos joueurs ?

Ce label est effectivement délivré par ECOCERT. Pour répondre à votre question, oui la nouvelle clientele est très sensible à ces questions environnementales. Le golf vit encore avec cette image de “c’est consommateur d’eau, c’est polluant” mais lorsqu’on explique toutes les démarches qui sont engagées, les gens découvrent que nous sommes plutôt sur une dynamique de préservation de l’environnement.

Exclusiv Golf du Château de Cély (77) - UGOLF
Exclusiv Golf du Château de Cély (77) – © Fabrice Malard

Récemment vous avez annoncé une gestion commune du Golf d’Ormesson avec Open Golf Club. C’est une première, non ?

Il faut savoir que UGOLF est déjà associé avec un opérateur dans le loisir, Forest Hills (salles de sport, fitness, tennis…), sur le golf de Jardy. L’Agglomération de Roissy Pays de France nous a fait confiance pour la gestion du Golf de Roissy qui ouvrira en septembre 2020. Nous avons remporté ce dossier avec la PGA comme partenaire étroit. Ce n’est pas donc pas forcément une grande nouveauté qu’une association avec un autre acteur dans le même univers. À Ormesson, Open Golf Club et UGOLF ont l’objectif d’accélérer le développement du golf en mettant nos compétences respectives en commun.

Quelles sont les prochaines étapes pour UGOLF ? Plus d’International ?

L’ambition que je porte et qui est partagée par notre actionnaire, le groupe Duval, est de rentrer dans le Top10 mondial des opérateurs de golfs dans les 3 années qui viennent. Aujourd’hui nous sommes 1er européen avec 56 golfs, le seul en Europe installé sur 2 pays (France et Espagne). Ce Top10 est essentiellement composé d’opérateurs américains et de 2 asiatiques. Il nous faut encore une dizaine de golfs à conquérir sur la France, l’Espagne ou sur d’autres pays frontaliers où il y a de la croissance possible.

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